Un profond repositionnement géopolitique est en train de s’opérer au Maghreb. La Mauritanie, longtemps considérée comme strictement « neutre » dans le dossier du Sahara Marocain, semble désormais s’orienter vers une reconnaissance progressive et assumée du Plan d’Autonomie proposé par le Royaume, soutenu par les principales puissances mondiales et surtout par la dernière résolution du Conseil du Sécurité de l’ONU.
Cette évolution s’inscrit dans une dynamique plus large, celle de l’émergence d’un axe Maroc–Mauritanie–Émirats Arabes Unis, de plus en plus cohérent sur les plans stratégique, économique et géopolitique. Les convergences entre les trois pays se multiplient : investissements massifs des Émirats, rapprochement diplomatique accéléré entre Rabat et Nouakchott, et projets structurants partagés tels que le désenclavement du Sahel ou le pipeline Nigeria–Maroc.
Une présence Marocaine à Nouakchott qui dérange Alger:
Dernièrement, la participation du Chef du Gouvernement Marocain, Aziz Akhannouch, à la cérémonie d’investiture du Président Mauritanien Mohamed Ould Cheikh El-Ghazouani pour son second mandat, suivie d’un long entretien entre les deux responsables, avait été perçue comme un signal diplomatique fort. Un signal qui n’a pas manqué de provoquer une crispation immédiate de la junte militaire algérienne, dont l’influence régionale ne cesse de s’effriter.
Ce rapprochement s’est vu confirmé quelques jours plus tard par une décision hautement symbolique : la Mauritanie a intégré, dans ses manuels scolaires officiels, la carte complète du Royaume du Maroc, incluant ses provinces du Sud. Une décision approuvée par le Ministère Mauritanien de l’Éducation, et qui marque une rupture nette avec les pressions exercées depuis des années par Alger. Cette mise à jour cartographique a été saluée massivement au Maroc, où elle est perçue comme une reconnaissance implicite mais claire de la souveraineté du Royaume.
Alger en échec diplomatique face à une Mauritanie qui s’affranchit:
Pour les généraux d’Alger, cette évolution diplomatique est vécue comme un affront. Pendant des années, ils ont tenté en vain de rallier la Mauritanie à leur projet illusoire d’un « Maghreb sans le Maroc ». Mais la réalité est désormais indiscutable : Nouakchott a choisi une voie pragmatique, tournée vers la stabilité régionale et les partenariats durables. Sa relation financière et stratégique entre la Mauritanie et les Émirats est solide et s’est considérablement renforcée et le Maroc, partenaire fiable et indispensable dans la région, s’impose comme un acteur clé pour la sécurité, la connectivité et le développement du Sahel.
Aujourd’hui, l’Algérie n’a plus que la Tunisie — fragilisée économiquement — pour tenter de donner corps à sa vision d’un « axe alternatif », une initiative vouée à rester purement bilatérale et sans impact régional.
Une évolution logique de la position Mauritanienne sur le Sahara:
La Mauritanie occupe depuis toujours une position particulière dans le dossier du Sahara en raison de son rôle historique. Si Nouakchott reconnaît encore la RASD, il est clair que les dynamiques actuelles poussent le pays vers une révision profonde de cette posture. Le Maroc bénéficie aujourd’hui d’un soutien international et Onusien massif. Dans ce contexte, il est de moins en moins tenable pour la Mauritanie de maintenir une position ambiguë dite « neutre ». Le retrait éventuel de la reconnaissance de la « RASD », serait un geste d’une portée exceptionnelle.
Vers une reconnaissance inévitable du Plan d’Autonomie Marocain:
Tous les signaux convergent vers une même conclusion : la Mauritanie se rapproche inexorablement d’une reconnaissance officielle du Plan d’Autonomie du Sahara Marocain, seule solution validée par les grandes puissances et par une majorité croissante de pays africains. Ce basculement serait un tournant historique pour la stabilité du Sahel, pour l’avenir du Maghreb et pour l’échec définitif des manœuvres algériennes dans ce dossier.
Porté par ses succès diplomatiques et stratégiques, le Maroc peut aujourd’hui envisager l’avenir avec confiance. Les vents internationaux soufflent clairement en faveur du Royaume, dont la vision pour la région s’impose, jour après jour, comme la seule réaliste, constructive et durable.
Abderrazzak Boussaïd / Le7tv