Tanger abrite la 6ème Retraite annuelle du Forum des Diplomates Africains à Addis-Abeba

Les travaux de la 6ème Retraite annuelle du Forum des Diplomates Africains à Addis-Abeba (FADA) se sont ouverts, lundi à Tanger, sous le thème « L’Union Africaine: Positionnement Stratégique dans un système mondial en mutation ».

 Organisé par l’Institut d’études de sécurité (ISS), avec la participation du ministère des Affaires étrangères, de la Coopération africaine et des Marocains résidant à l’étranger et le FADA, cet événement offre une plateforme de haut niveau pour une réflexion approfondie sur le profil institutionnel, opérationnel et stratégique de l’Union Africaine (UA) nécessaire pour relever efficacement les défis internes et externes et positionner l’Afrique de manière optimale dans un ordre mondial en pleine évolution.

Cette Retraite vise à approfondir la réflexion sur les implications stratégiques des mutations géopolitiques mondiales pour les programmes économiques, politiques et sécuritaires de l’Afrique, tout en identifiant les réformes institutionnelles, opérationnelles et de gouvernance à même de consolider le rôle de l’UA et de mieux la positionner pour répondre de manière proactive à ces changements.

S’exprimant à cette occasion, le directeur de l’Union africaine et des organisations régionales africaines au ministère des Affaires étrangères, de la Coopération africaine et des Marocains résidant à l’étranger, Hassane Boukili, a souligné l’importance de la thématique choisie pour cette Retraite, qui interpelle toutes les forces vives du Continent et rappelle le devoir et la responsabilité majeure de tous les acteurs africains envers l’Afrique, notant qu’il s’agit d’un devoir de ré-adhésion aux valeurs africaines et aux objectifs stratégiques panafricains pour mieux servir la paix, la sécurité et le co-développement en Afrique.

M. Boukili a, à cet égard, relevé l’impératif d’adopter une démarche renouvelée du panafricanisme, qui soit tournée vers l’avenir, vers la réponse opérationnelle aux attentes de la jeunesse africaine, un panafricanisme débarrassé des faux problèmes, qui ont entravé pendant de longues décennies, la pleine focalisation de notre Continent sur les véritables priorités africaines communes, qui lui permettent de renforcer sa compétitivité économique et sa posture de leadership politique à l’ONU, au G20 et envers les autres partenaires étrangers qui convoient aujourd’hui l’Afrique.

Il a rappelé que le Maroc a insisté, sous l’impulsion de SM le Roi Mohammed VI, que Dieu l’Assiste, à travers Son discours de retour à l’Union Africaine en 2017, sur l’engagement du Royaume à apporter une valeur ajoutée à l’émergence du leadership de l’Afrique, en multipliant les initiatives, notamment pour répondre aux défis continentaux du terrorisme, de la sécurité sanitaire et alimentaire, du changement climatique avec l’Initiative Triple A issue du Sommet de l’action de Marrakech en 2016, de la connectivité en Afrique avec l’Initiative atlantique, visant à désenclaver les pays du Sahel, et de la migration, selon l’approche du Nexus paix-sécurité et développement, soulignant que le rôle de l’UA est crucial pour réussir le pari du positionnement stratégique de l’Afrique sur l’échiquier onusien et international.

« Notre Union stratégique doit en effet finaliser ses réformes institutionnelles, refocaliser son agenda sur les priorités stratégiques communes, moderniser ses méthodes de travail, rationaliser l’utilisation de ses dépenses budgétaires et de ses compétences pour atteindre un niveau supérieur de performance et de professionnalisme », a-t-il insisté, invitant les participants à cette Retraite à examiner la question du financement de l’action de l’UA et à réfléchir aux voies et initiatives les plus appropriées pour permettre à l’organisation de s’approprier pleinement les moyens de sa politique, qu’il s’agisse de la paix et de la sécurité, du développement ou encore de la gouvernance démocratique, en vue d’assurer un positionnement africain plus influent sur la scène internationale.

Pour sa part, l’ancienne ministre de l’Aménagement du territoire national, de l’urbanisme, de l’habitat et de la politique de la ville, Nouzha Bouchareb, a indiqué que cette rencontre, devenue au fil des années un espace de réflexion de haut niveau, témoigne de la vitalité de la coopération africaine et de la volonté commune de bâtir une Afrique plus intégrée, plus résiliente et plus influente.

Mme Bouchareb a, dans ce sens, affirmé qu’un leadership africain affirmé, soutenu par une diplomatie proactive et cohérente, est aujourd’hui un atout stratégique majeur pour faire prévaloir les intérêts africains dans toutes les décisions qui façonnent le monde, transformer les crises géopolitiques en opportunités de croissance et de développement durable, et renforcer la souveraineté, la résilience et l’influence de l’Afrique à l’échelle internationale.

Elle a noté que le Maroc, grâce à la vision clairvoyante de SM le Roi, s’inscrit pleinement dans cette dynamique et joue un rôle de catalyseur continental et de leadership, avec un souci constant de l’unité et de l’intérêt africain, expliquant que le Royaume met la diplomatie au service de la prospérité et de la sécurité du continent, à travers le renforcement de la voix africaine dans les instances internationales, la mobilisation de financements pour le développement et la résilience, et le soutien à la paix, à la sécurité et à la stabilité régionale.

De son côté, Moussa Soumahoro, Représentant, directeur régional de l’ISS pour l’Afrique de l’Est et Représentant permanent auprès de l’UA, a souligné que cet événement intervient dans un contexte mondial particulier, marqué par une mutation rapide des équilibres géopolitiques, une intensification des rivalités entre grandes puissances, une reconfiguration des chaînes économiques et de valeur, ainsi que par la persistance des pressions sécuritaires et des défis de gouvernance, notant que les pays africains et leurs organisations régionales, au premier rang desquelles l’UA, recherchent les moyens d’obtenir une forme d’autonomie stratégique.

M. Soumahoro a affirmé, dans un message vidéo, que cette Retraite constitue un espace privilégié de concertation et d’anticipation, réunissant diplomates et experts afin de réfléchir au positionnement stratégique de l’Afrique dans un système international en profonde mutation, d’analyser ses vulnérabilités, d’identifier ses leviers d’action et de formuler des réponses concrètes aux défis auxquels le continent est confronté, exprimant la gratitude de l’ISS au Maroc pour son appui à la tenue de cette Retraite à Tanger, qui confirme l’engagement panafricain constant du Royaume et sa vision d’une Afrique agissante, unie et souveraine.

Quant au président du Forum des diplomates africains à Addis-Abeba, Franck Adiko, il s’est félicité de la tenue de cet événement d’envergure au Maroc, particulièrement à Tanger, véritable pont entre l’Afrique et le reste du monde, soulignant que la thématique choisie pour cette Retraite intervient à un moment particulièrement opportun, où l’Afrique doit se positionner comme un acteur actif, émergent et influent sur la scène internationale, face aux mutations rapides ainsi qu’aux multiples défis tant mondiaux que continentaux.

Cet événement, a-t-il enchainé, sera l’occasion d’explorer les multiples dimensions de ce positionnement global de l’Afrique: la réforme de l’UA, le rôle du Continent dans la paix et la sécurité mondiales, le pouvoir de la diplomatie dans la construction du récit africain, et bien d’autres aspects, appelant les participants à s’engager dans ces échanges avec ouverture d’esprit, créativité et un sens profond de leur mission commune.

Lors de cet événement, qui se poursuivra jusqu’au 6 novembre, les participants s’attacheront à examiner les mesures concrètes que les États membres devraient adopter pour concrétiser la vision de « l’Afrique que nous voulons », en promouvant l’unité, la résilience et une meilleure intégration du continent dans un ordre mondial en constante évolution.

Les échanges porteront sur plusieurs thématiques, notamment « l’analyse des dynamiques mondiales et continentales et de leurs implications pour l’Union Africaine », « la gestion des défis et les aspirations de l’UA face aux contraintes », « le renforcement de l’engagement de l’UA avec ses partenaires » et « les défis en matière de paix et de sécurité », ainsi que « le rôle des États membres et des Communautés économiques régionales (CER) dans la construction de l’UA souhaitée ».

La rédaction/Le7tv