Dans son nouveau rapport adressé au Conseil de Sécurité des Nations Unies sur la situation au Sahara, le Secrétaire Général Antonio Guterres a confirmé que le Maroc a donné toutes les garanties nécessaires concernant l’usage exclusivement civil de la route reliant Amgala à Bir Oum Grine, en Mauritanie. Contrairement aux attentes du Front Polisario, l’ONU n’a émis aucune condamnation à l’encontre de ce projet d’infrastructure stratégique, soulignant ainsi la transparence de l’approche marocaine et le caractère pacifique de ses initiatives de développement dans la région.
Le rapport, qui couvre la période d’octobre 2024 à septembre 2025, relève que la situation sur le terrain demeure marquée par des tensions de faible intensité entre le Maroc et le Front Polisario. Antonio Guterres indique que « la majorité des tirs signalés à l’ouest du mur de défense ont été recensés dans la région de Mahbes », précisant que la MINURSO n’a pu confirmer que la moitié des incidents rapportés par les parties.
Le document mentionne également quatre explosions de roquettes survenues le 27 juin près de la base d’opérations de la MINURSO à Es-Smara, dont une à seulement 200 mètres du site, sans faire de victimes. Il s’agit, selon le Secrétaire Général, de l’incident le plus proche d’une installation onusienne depuis la reprise des hostilités en 2020.
À la suite de cet acte, le représentant spécial du Secrétaire Général et le commandant de la Force ont adressé des lettres officielles au Front Polisario, exprimant leur vive préoccupation et appelant à la cessation immédiate des hostilités.
Une route stratégique à vocation civile, reconnue par l’ONU
Antonio Guterres a précisé dans son rapport que « le Maroc a achevé la construction d’une route d’environ 93 kilomètres reliant Es-Smara à la Mauritanie à travers le mur de sable », soulignant qu’elle n’est pas encore officiellement ouverte à la circulation.
Ce projet, destiné à devenir un second axe de passage vers la Mauritanie, parallèle à celui d’El Guerguerat, a été clairement présenté par les autorités marocaines comme une infrastructure à usage civil.
Lors d’une rencontre le 19 février à Agadir avec le commandant de la Force de la MINURSO, le commandant de la zone sud des Forces Armées Royales a formellement indiqué que la route « est conçue pour faciliter le trafic civil et n’a aucun lien avec les opérations militaires des FAR ».
Le 20 septembre, le ministre marocain de l’Équipement et de l’Eau, Nizar Baraka, a confirmé lors d’un déplacement à Es-Smara que « l’ouverture officielle de la route aura lieu dans les deux semaines à venir », marquant une nouvelle étape dans le développement des provinces du Sud.
Le Polisario persiste dans ses blocages et restrictions
Le rapport du Secrétaire général déplore les entraves continues imposées par le Front Polisario aux activités de la MINURSO. Guterres note que les patrouilles terrestres de la mission sont limitées à un rayon de 20 kilomètres autour de leurs bases d’opérations, notamment à Tifariti et Mijek, où leurs déplacements ne peuvent s’effectuer que sur des itinéraires approuvés.
De plus, les vols de reconnaissance par hélicoptère à l’est du mur sont suspendus depuis novembre 2020, sur décision unilatérale du Polisario.
Antonio Guterres regrette également que le commandant de la force de la MINURSO n’ait toujours pas pu établir de contact direct avec les responsables militaires du mouvement séparatiste, toutes les communications étant restreintes à des échanges écrits via les bases de Tindouf et Rabouni, en territoire algérien. Le Front exige que les rencontres se tiennent dans ce qu’il désigne comme des « territoires libérés », une revendication que l’ONU rejette formellement.
Un appel à rompre avec le statu quo
Dans la conclusion de son rapport, Antonio Guterres exprime sa profonde inquiétude face à l’absence de progrès politique, à l’approche du cinquantième anniversaire du déclenchement du conflit. Il appelle à un « effort renouvelé » des parties concernées et de la communauté internationale pour sortir de l’impasse actuelle et relancer le processus politique sous l’égide exclusive des Nations unies.
Le Conseil de Sécurité devrait se prononcer à la fin du mois d’octobre sur le renouvellement du mandat de la MINURSO, une décision très attendue dans un contexte régional où la stabilité et la coopération demeurent plus que jamais nécessaires.
Abderrazzak Boussaid/Le7tv