Encore une fois, l’Algérie s’enfonce dans une crise absurde et humiliante : le pays, riche en gaz et en pétrole, n’arrive même pas à garantir à ses citoyens un produit aussi basique que le lait. Le régime militaire, prisonnier de son incompétence chronique et de sa corruption endémique, a dû en catastrophe lever son interdiction sur les importations de poudre de lait, alors que les étals se vident et que les files d’attente s’allongent.
La soi-disant « puissance régionale autoproclamée » n’est plus qu’une caricature d’elle-même. Incapable de développer une agriculture digne de ce nom, incapable de gérer un système de subventions rationnel, incapable de moderniser son industrie agroalimentaire, le pouvoir algérien expose chaque jour davantage la faillite totale de son modèle économique. Le cas de la laiterie Soummam, contrainte de quémander 40.000 tonnes de matière première à l’étranger pour ne pas s’écrouler, illustre la dépendance catastrophique d’un pays réduit à tendre la main malgré ses milliards de revenus en hydrocarbures.
Mais la crise du lait n’est pas un accident isolé. Elle s’ajoute à une liste noire interminable de pénuries : huile, semoule, médicaments, sucre et gas-oil !!!… Chaque mois apporte son lot d’humiliations pour un peuple déjà écrasé par le chômage, l’inflation et l’effondrement du pouvoir d’achat. Pendant ce temps, les « Caporaux » au pouvoir dilapident les richesses nationales dans des aventures diplomatiques stériles et des achats d’armement destinés à entretenir leur propagande guerrière, alors que la population se bat pour trouver un sachet de lait subventionné.
Cette faillite structurelle met à nu un régime qui vit dans le mensonge permanent, incapable de réformer, incapable d’innover, incapable surtout d’assurer la dignité de son peuple. L’Algérie n’est plus qu’un colosse aux pieds d’argile, dont la fragilité sociale grandit à mesure que la colère populaire s’accumule. Les pénuries récurrentes ne sont pas seulement un symptôme d’incompétence : elles sont le signe annonciateur d’un système à bout de souffle, rongé par la corruption et la peur de l’effondrement.
À ce rythme, la « République des casernes » court droit vers une implosion. Car un régime qui ne sait pas nourrir son peuple n’a tout simplement aucune légitimité pour gouverner.
Abderrazzak Boussaid/Le7tv