L’Union Européenne a officiellement classé l’Algérie parmi les juridictions à haut risque en matière de blanchiment d’argent et de financement du terrorisme, sur la base des recommandations du GAFI. Cette inscription impose des obligations de vigilance renforcée aux institutions financières européennes et accentue l’isolement international du pays.
La décision d’inscrire l’Algérie sur liste noire pour blanchiment, lourde de conséquences, survient alors que les relations diplomatiques d’Alger sont déjà sous tension. Moins de 24 heures auparavant, Washington a annoncé une taxe de 30 % sur les exportations algériennes, dénonçant un déficit commercial « insoutenable » et des pratiques jugées contraires à sa sécurité économique. Ensemble, ces mesures reflètent une perte de crédibilité d’Alger vis-à-vis des deux principales puissances économiques occidentales.
En cause : l’incapacité persistante de l’Algérie à moderniser son système financier. Le GAFI pointe l’opacité bancaire, l’absence de contrôles efficaces et la faible coopération internationale. Malgré quelques annonces, aucune réforme structurelle sérieuse n’a été menée.
Concrètement, cette inscription signifie que les banques européennes devront renforcer leurs contrôles sur les transactions impliquant des entités algériennes. Les entreprises de l’UE seront également amenées à revoir leurs engagements sur un marché désormais perçu comme à haut risque.
Face à ce camouflet, la réaction d’Alger reste limitée à une protestation formelle. Aucun plan de mise en conformité n’a été annoncé, confirmant une posture de souverainisme économique de plus en plus en décalage avec les exigences de la finance mondiale.
Ce revers ternit également l’image diplomatique de l’Algérie en Afrique et dans les cercles multilatéraux, fragilisant ses ambitions de leadership sud-sud et de promotion du multilatéralisme équilibré.
Abderrazzak Boussaid/Le7tv