L’Ambassade du Royaume du Maroc en Italie a affirmé, lundi, qu’elle suit « depuis les premiers instants, avec la plus grande attention et une profonde préoccupation » l’évolution de l’affaire tragique ayant coûté la vie au ressortissant marocain Abderrahim Faker.
Dans un communiqué, l’Ambassadeur du Royaume en Italie a indiqué que des instructions avaient été données dès le début au Consulat Général du Maroc territorialement compétent afin d’apporter tout le soutien moral nécessaire à la famille du défunt, ainsi que l’assistance consulaire requise dans de telles circonstances exceptionnelles.
Il a également précisé que le Consulat Général a été chargé de maintenir un contact permanent avec les autorités judiciaires italiennes en charge de l’enquête, dans le plein respect des accords internationaux en vigueur et des procédures prévues par le système juridique italien.
Le communiqué souligne que « l’intérêt de tous est que toute la vérité soit établie sur cette tragédie, en déterminant avec précision, impartialité et transparence l’ensemble des circonstances qui l’entourent », tout en réaffirmant la pleine confiance de l’ambassade dans la justice italienne.
L’Ambassadeur s’est dit convaincu que les investigations en cours permettront de faire toute la lumière sur les circonstances de ce drame. Il a enfin présenté, au nom de l’ambassade du Royaume du Maroc en Italie, ses plus sincères condoléances et sa profonde compassion à la famille de la victime, en lui exprimant son entière solidarité dans cette douloureuse épreuve.
Vives tensions à Bologne après la mort d’un ressortissant marocain lors d’une intervention policière
Rappelons que la ville italienne de Bologne a été le théâtre d’importantes manifestations à la suite du décès d’un migrant marocain de 42 ans, survenu lors de son interpellation par la police. L’affaire a suscité une vive émotion après la diffusion sur les réseaux sociaux d’une vidéo montrant les derniers instants de l’intervention.
Le drame a provoqué une forte indignation au sein de la communauté marocaine et des organisations de défense des droits humains. Des centaines de personnes ont participé à une marche pacifique pour réclamer toute la vérité, l’ouverture d’une enquête indépendante et transparente, ainsi que l’identification des responsabilités.
Les rassemblements ont ensuite dégénéré en affrontements entre certains manifestants et les forces de l’ordre italiennes, qui sont intervenues à l’aide de matraques, de gaz lacrymogènes et de canons à eau afin de disperser la foule.
Face à l’émotion suscitée par cette affaire, les autorités italiennes ont annoncé l’ouverture d’une enquête judiciaire destinée à établir les circonstances exactes du décès. De leur côté, la famille de la victime et ses avocats ont appelé au calme, tout en insistant sur la nécessité que justice soit rendue.
Selon les premiers éléments communiqués par les autorités, une patrouille de police s’était rendue dans le quartier de Pilastro, en périphérie de Bologne, après des signalements concernant un homme en état d’agitation. Une équipe de secours accompagnait les policiers.
La version initiale des faits indique que la victime aurait résisté à son interpellation, conduisant les agents à utiliser un spray au poivre avant de lui passer les menottes. L’homme aurait ensuite été victime d’un malaise soudain et serait décédé au cours de son arrestation.
La vidéo filmée par un habitant du quartier montre toutefois la victime criant à plusieurs reprises « Ça suffit… ça suffit ! », alors que deux policiers la maintiennent au sol en exerçant une pression sur son corps avant d’attacher ses jambes. Les images montrent également une troisième personne, vraisemblablement un riverain, aidant les policiers à immobiliser la victime, tandis que deux secouristes apparaissent à proximité sans intervenir directement avant que l’homme ne cesse de bouger.