Le nouvel Ambassadeur de France au Maroc, Philippe Lalliot, a effectué mercredi sa première visite officielle à Laâyoune, une étape hautement symbolique qui illustre la volonté de Paris de renforcer sa présence dans les provinces du Sud et d’approfondir sa coopération économique, institutionnelle et culturelle avec le Royaume dans le cadre du partenariat stratégique maroco-français.
Au cours de cette visite, le diplomate français s’est entretenu successivement avec le wali de la région Laâyoune-Sakia El Hamra, Abdesslam Bekrate, ainsi qu’avec le président de la commune de Laâyoune, Moulay Hamdi Ould Errachid. Il a réaffirmé la détermination de la France à poursuivre son engagement dans les provinces du Sud en accompagnant les projets de développement, en encourageant les investissements français et en contribuant à la stabilité de cette région stratégique.
Philippe Lalliot a rappelé que cette visite intervient dans un contexte marqué par le nouvel élan des relations entre Rabat et Paris, à la suite de la lettre adressée par le président français Emmanuel Macron à Sa Majesté le Roi Mohammed VI, dans laquelle la France réaffirme son soutien au plan d’autonomie présenté par le Maroc, qu’elle considère comme la base « sérieuse, crédible et réaliste » pour parvenir à un règlement définitif du différend régional autour du Sahara.
L’Ambassadeur a également souligné que la France soutient l’initiative marocaine d’autonomie depuis sa présentation en 2007 et qu’elle défend constamment cette position au sein du Conseil de sécurité des Nations unies.
Cette visite s’inscrit également dans la mise en œuvre des engagements issus du partenariat renforcé entre les deux pays, notamment la préparation des prochaines rencontres bilatérales, l’application du nouvel accord-cadre de coopération ainsi que les préparatifs d’une future visite royale destinée à consolider davantage les relations franco-marocaines.
Sur le plan économique, Philippe Lalliot a affirmé que la France considère les provinces du Sud comme un territoire stratégique offrant un fort potentiel d’investissement. Il a indiqué que les entreprises françaises sont encouragées à participer aux grands projets structurants dans les domaines des infrastructures, des énergies renouvelables, de l’économie bleue, de l’enseignement et de la formation professionnelle.
Selon lui, « la prochaine décennie sera décisive pour faire des provinces du Sud un véritable hub économique reliant l’Europe au continent africain ». Les échanges avec les responsables locaux ont porté sur les programmes de développement en cours ainsi que sur les nouvelles opportunités susceptibles de créer de la valeur ajoutée et de générer des emplois.
Abordant la question du Sahara, l’Ambassadeur français a estimé que le soutien international grandissant à l’initiative marocaine d’autonomie est de nature à insuffler une nouvelle dynamique au processus politique conduit sous l’égide des Nations unies. Il a exprimé l’espoir de voir émerger une solution politique durable fondée sur le plan d’autonomie dans le respect de la souveraineté du Royaume du Maroc.
Les discussions ont également porté sur l’avenir de la Mission des Nations unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara occidental, le maintien du cessez-le-feu ainsi que la situation humanitaire dans les camps de Tindouf, en évoquant notamment les perspectives de retour des populations concernées dans le cadre d’un règlement politique définitif.
À Laâyoune, Philippe Lalliot a par ailleurs participé à l’inauguration du nouveau siège de l’Alliance Française de Laâyoune. Il a présenté cette nouvelle institution culturelle, aux côtés du Lycée français international Paul Pascon, comme une illustration concrète de l’engagement commun de la France et du Maroc en faveur de l’éducation, de la jeunesse et du dialogue culturel. Selon lui, ce nouvel espace contribuera à promouvoir la langue française tout en élargissant les opportunités éducatives et académiques offertes aux jeunes de la région.
De son côté, Abdesslam Bekrate a salué cette première visite officielle, qu’il a qualifiée de traduction concrète de la solidité des relations historiques unissant le Maroc et la France. Il a estimé qu’elle permettra d’intensifier la coopération économique et les investissements dans les provinces du Sud, conformément à la vision de développement portée par Sa Majesté le Roi Mohammed VI.
Le wali a également évoqué l’ouverture d’une nouvelle étape dans les relations bilatérales à la suite de la récente visite d’État du président Emmanuel Macron au Maroc, soulignant que les accords conclus à cette occasion ouvrent un nouveau cadre de coopération entre les deux pays.
Pour sa part, Moulay Hamdi Ould Errachid a salué la délégation française et estimé que cette visite reflète la dynamique positive des relations franco-marocaines. Il a remercié la France pour son soutien à l’intégrité territoriale du Royaume et à l’initiative marocaine d’autonomie.
Au cours de la rencontre, le maire de Laâyoune a présenté les liens historiques unissant les provinces du Sud au Royaume, les importants projets de développement réalisés dans la région ainsi que les nombreuses opportunités d’investissement offertes par sa position géostratégique en tant que porte d’entrée vers l’Afrique subsaharienne. Il a réaffirmé que l’initiative marocaine d’autonomie, sous souveraineté marocaine, constitue la seule solution réaliste et durable au différend régional.
Répondant aux questions relatives aux populations des camps de Tindouf, Moulay Hamdi Ould Errachid a estimé que le Front Polisario ne représente pas la majorité des Sahraouis. Il a affirmé que le Maroc dispose des capacités institutionnelles, sociales et humanitaires nécessaires pour accompagner leur réintégration dans un climat de stabilité et de respect des droits.
Enfin, il a rappelé que le mandat de la MINURSO est exclusivement limité à la surveillance du cessez-le-feu, accusant le Polisario d’avoir rompu cet engagement lors des événements de Guerguerat en 2020. Selon lui, le soutien international de plus en plus marqué en faveur de l’initiative marocaine d’autonomie démontre que les autres approches n’ont pas permis de résoudre un conflit qui perdure depuis plusieurs décennies.