Colombie : Victoire d’Abelardo de la Espriella, un allié affiché de Donald Trump et proche du Maroc

La scène politique latino-américaine vient de connaître un nouveau tournant majeur. En Colombie, le candidat de la droite dure, Abelardo de la Espriella, soutenu par la formation politique Salvación Nacional, a remporté l’élection présidentielle dans un scrutin extrêmement serré face au sénateur de gauche Iván Cepeda. Une victoire qui consacre un basculement politique vers une ligne plus conservatrice, sécuritaire et résolument alignée sur les États-Unis de Donald Trump.

Avec 49,7 % des voix selon les résultats préliminaires, contre 48,7 % pour son adversaire, le nouveau président élu incarne une nouvelle génération de dirigeants latino-américains qui revendiquent une rupture avec les politiques progressistes récentes dans la région. Avocat médiatique, entrepreneur et figure politique inattendue, De la Espriella s’est imposé en campagne sous le surnom de « El Tigre », promettant un État plus ferme face au narcotrafic et aux groupes armés qui déstabilisent le pays depuis des décennies.

Un positionnement favorable au Maroc sur la scène internationale

Au-delà de son orientation pro-américaine, Abelardo de la Espriella est également perçu comme un dirigeant sensible aux positions du Royaume du Maroc sur la scène internationale. Selon plusieurs prises de position attribuées à son entourage politique et à des cadres de Salvación Nacional, cette formation a exprimé à plusieurs reprises un soutien à la stabilité territoriale et à l’intégrité du Maroc, y compris sur la question du Sahara.

Dans les cercles diplomatiques, cette proximité est interprétée comme un signal positif pour les relations futures entre Rabat et Bogotá, dans un contexte où le Maroc multiplie les alliances en Amérique latine et en Afrique sur des bases économiques, sécuritaires et diplomatiques.

Un tournant géopolitique régional

Avec cette élection, la Colombie rejoint une dynamique régionale de recomposition politique où plusieurs pays d’Amérique latine ont déjà basculé vers des gouvernements de droite ou de droite dure. Au-delà des frontières nationales, ce changement pourrait redessiner les équilibres diplomatiques du continent, notamment dans ses relations avec Washington et ses partenaires stratégiques comme le Maroc.

Abderrazzak Boussaid/Le7tv