Fouzi Lekjaa : « Le Maroc méritait d’organiser la Coupe du Monde 2010 mais les derniers instants du vote ont été entachés de controverses »

Les déclarations de Fouzi Lekjaa ravivent une blessure encore vive dans la mémoire collective du football marocain. En affirmant que « le Maroc était tout près d’organiser la Coupe du monde 2010 » et qu’« au cours des derniers instants du processus d’attribution, des choses controversées se sont produites », le président de la Fédération Royale Marocaine de Football remet sous les projecteurs une époque où la gouvernance de la FIFA était régulièrement éclaboussée par les soupçons et les scandales.

Pendant de longues années, le règne de l’ancien président de la FIFA, Josef Blatter, a été associé à une institution fragilisée par des affaires de corruption, des enquêtes internationales et une crise de confiance sans précédent. Si l’attribution du Mondial 2010 à l’Afrique du Sud demeure une page majeure de l’histoire du football africain, elle reste également entourée de nombreuses controverses qui ont alimenté les débats dans le monde sportif.

Les propos de Fouzi Lekjaa prennent une résonance particulière, d’autant plus que plusieurs hauts responsables de l’ancienne FIFA ont, au fil des années, été rattrapés par des procédures judiciaires, des sanctions disciplinaires ou des suspensions. Sans désigner explicitement des individus, le dirigeant marocain rappelle que « les personnes impliquées en ont finalement subi les conséquences », une allusion qui renvoie à la profonde crise institutionnelle qu’a traversée l’instance mondiale.

Pour de nombreux observateurs, la candidature marocaine de 2010 symbolisait déjà une vision moderne du football, portée par un projet d’infrastructures ambitieux et une stabilité reconnue. Avec le recul, beaucoup estiment que le Royaume avait les atouts nécessaires pour accueillir cette compétition historique.

Aujourd’hui, alors que le Maroc est devenu un acteur incontournable du football mondial, notamment grâce à ses performances sportives et à sa participation à l’organisation de la Coupe du monde 2030, les déclarations de Fouzi Lekjaa sonnent comme une forme de réhabilitation historique. Elles rappellent également qu’une gouvernance opaque peut priver des nations entières d’une opportunité majeure.

L’ère Blatter appartient désormais au passé, mais les interrogations qu’elle a laissées continuent de hanter l’histoire de la FIFA. Et si les réformes engagées ces dernières années visent à tourner cette page, les paroles du président de la FRMF démontrent qu’au Maroc, le dossier de 2010 n’a jamais vraiment été refermé.

Abderrazzak Boussaid/Le7tv