Mondial 2026 : La FIFA interdit les gourdes dans les stades, une décision qui suscite la controverse

À l’approche de la Coupe du Monde 2026, qui se déroulera du 11 juin au 19 juillet au Canada, aux États-Unis et au Mexique, une nouvelle mesure annoncée par la FIFA fait déjà débat : les spectateurs ne seront pas autorisés à entrer dans les stades avec des bouteilles d’eau réutilisables.

Une décision qui concernera les seize enceintes retenues pour la compétition, alors même que plusieurs experts et scientifiques alertent sur un épisode attendu de « chaleurs extrêmes » en Amérique du Nord durant la période estivale.

Cette interdiction marque un durcissement notable par rapport aux éditions précédentes. Jusqu’ici, dans plusieurs compétitions internationales, les bouteilles vides — notamment en plastique — étaient tolérées, à condition de pouvoir être remplies à l’intérieur des stades grâce aux dispositifs d’hydratation mis à disposition du public. Certaines enceintes, comme le Stade de France, autorisent même des contenants sans bouchon ou des briques de jus de fruit, dans une logique de compromis entre sécurité et accessibilité.

La FIFA justifie ce changement de cap par des considérations de sécurité, invoquant le « risque de blessure » que pourraient représenter ces objets s’ils étaient utilisés comme projectiles. L’instance dirigeante du football mondial opte ainsi pour une politique de « tolérance zéro » sur les contenants apportés par les supporters.

Paradoxalement, les supporters pourront toujours acheter des bouteilles d’eau à l’intérieur des stades. La FIFA n’a cependant pas précisé en quoi ces produits vendus sur place présenteraient un niveau de risque différent. Elle n’a pas non plus annoncé de politique de réduction des prix, malgré les critiques récurrentes sur le coût élevé des boissons dans les enceintes sportives.

Lors de la Coupe du monde des clubs 2025 aux États-Unis, certains prix observés pour une bouteille d’eau allaient de 4 à 6 euros selon la presse spécialisée, illustrant les débats persistants autour de l’accessibilité économique dans les grands événements sportifs.

Cette décision intervient également dans un contexte de sensibilité accrue aux enjeux environnementaux et à la gestion des ressources en eau. Au Mexique, des voix citoyennes accusent notamment certaines multinationales, dont Coca-Cola, de surexploitation des ressources hydriques, alimentant un débat plus large sur la durabilité des grands événements sportifs.

À quelques mois du tournoi, cette mesure illustre une nouvelle fois les tensions entre impératifs de sécurité, logiques commerciales et préoccupations environnementales, dans ce qui s’annonce comme l’un des événements sportifs les plus suivis — mais aussi les plus scrutés — de la décennie.

Abderrazzak Boussaid/Le7tv