À New York, la diplomatie multilatérale a une nouvelle fois mis en lumière le rôle croissant du Maroc dans les mécanismes onusiens de prévention des conflits et de consolidation de la paix. La rencontre entre l’ambassadeur représentant permanent du Royaume auprès des Nations unies, Omar Hilale, et l’ambassadrice de Colombie, Leonor Zalabata Torres, Présidente du Conseil de Sécurité pour le mois de juin 2026, s’inscrit dans une dynamique de coordination stratégique au sein des organes centraux du système onusien.
Cette entrevue, tenue dans un contexte international marqué par la multiplication des foyers de tensions et la fragilisation de plusieurs processus de paix, a réaffirmé une convergence de vues autour d’une idée essentielle : la stabilité durable ne peut être construite que par des solutions politiques inclusives et une appropriation nationale des processus de règlement des différends.
Le Maroc, qui préside la Commission de consolidation de la paix des Nations unies, entend renforcer les passerelles institutionnelles avec le Conseil de Sécurité afin de mieux articuler prévention, médiation et reconstruction post-conflit. Dans cette perspective, Omar Hilale a salué l’expérience colombienne comme un exemple significatif de transition progressive vers la paix, soulignant l’importance des modèles nationaux dans la consolidation de la stabilité internationale.
De son côté, l’ambassadrice de Colombie, Leonor Zalabata Torres, a mis en avant la nécessité de maintenir la paix au centre de l’agenda multilatéral, notamment à travers les thématiques prioritaires que son pays souhaite porter au Conseil de sécurité : les femmes dans les processus de paix, les enfants dans les conflits armés, ainsi que les dynamiques de stabilisation au Moyen-Orient.
Au-delà des échanges institutionnels, cette rencontre illustre une réalité plus large : la recomposition des équilibres diplomatiques au sein des Nations unies, où des pays du Sud jouent désormais un rôle structurant dans la définition des priorités globales en matière de sécurité et de prévention des conflits.
Dans ce cadre, les débats sur les situations régionales sensibles du Maghreb s’inscrivent dans une logique onusienne de recherche de solutions politiques durables, loin des logiques de confrontation, et fondées sur le dialogue et la médiation sous l’égide des Nations unies.
La convergence affichée entre Rabat et Bogotá confirme ainsi une tendance de fond : la montée en puissance d’une diplomatie de la consolidation de la paix, qui cherche à dépasser les clivages traditionnels pour privilégier la stabilité, la coopération et la responsabilité partagée au sein de la communauté internationale
Abderrazzak Boussaid/Le7tv