Faut-il encore parler de coïncidence, ou enfin poser les vraies questions ? À chaque fois, et le constat devient accablant, à l’approche du Derby tant attendu entre le Raja Club Athletic et le Wydad Athletic Club, le même scénario se répète. Pourquoi ?
Pourquoi ce rendez-vous historique, ce sommet du football marocain, est-il si souvent privé de son âme ; son public ? Pourquoi décide-t-on, presque systématiquement, de jouer à huis clos sur décision de la Ligue Nationale de Football Professionnel ? Et lorsque ce n’est pas le huis clos, c’est la délocaliser de ce match emblématique vers un stade secondaire, loin du mythique Complexe Mohammed V ?
Et lorsque, par miracle, le Derby devrait se jouer dans son écrin naturel, pourquoi ce même Complexe Mohammed V se retrouve-t-il soudainement fermé, comme par hasard, sur décision des autorités ? Est-ce une fatalité administrative ? Une succession malheureuse de circonstances ? Ou bien autre chose que le public commence légitimement à questionner ?
Combien de fois ces dernières années les supporters du Raja, fidèles parmi les fidèles, ont-ils été privés de leur droit le plus élémentaire : soutenir leur équipe dans ce qui est bien plus qu’un match, un moment d’histoire, de ferveur, d’identité ?…Le public du Raja ne demande pas de privilèges. Il demande de la cohérence. De l’équité. Du respect.
Pourquoi ce traitement semble-t-il s’acharner précisément quand le Raja reçoit le Derby ? Est-ce vraiment le fruit du hasard, ou bien faut-il y voir une forme d’injustice structurelle, voire, osons le mot que beaucoup murmurent, un parti pris ?…Les supporters ne sont pas dupes. Ils observent, comparent, analysent. Et surtout, ils s’interrogent.
Comment expliquer que l’un des derbys les plus passionnés d’Afrique soit vidé de son public ou déplacé, alors qu’il devrait être célébré dans toute sa grandeur ? Pourquoi priver le Raja d’un spectacle à la hauteur de son histoire footballistique ?…Le silence des instances ne fait qu’alimenter le doute. Et à force de répétition, le doute se transforme en indignation.
Le Raja n’est pas qu’un club. C’est une institution. Et son public, une composante essentielle de son identité. Le marginaliser, c’est dénaturer le derby lui-même. Alors la question reste entière, insistante, dérangeante : jusqu’à quand ?
La rédaction/Le7tv