Au Congrès Américain, la pression monte pour classer le Polisario comme organisation terroriste

Une nouvelle étape vient d’être franchie à Washington dans la campagne politique visant à dénoncer les activités du Front Polisario, mouvement séparatiste soutenu depuis des décennies par le régime militaire algérien. Au Congrès des États-Unis, le projet de loi appelant à son classement comme organisation terroriste continue de rallier des soutiens, illustrant une prise de conscience croissante des réseaux et alliances troubles qui entourent ce groupe armé.

Portée par le député républicain Joe Wilson, cette initiative législative, baptisée Polisario Front Terrorist Designation Act, vise à engager un processus officiel permettant d’examiner l’inscription du Polisario sur la liste américaine des organisations terroristes étrangères. Le texte prévoit également la possibilité d’imposer des sanctions contre ce mouvement et ses soutiens internationaux.

Le projet vient de franchir un nouveau cap avec le ralliement de la représentante républicaine Claudia Tenney, élue de l’État de New York, qui devient la première femme membre du Congrès à soutenir officiellement cette proposition depuis son dépôt en juin 2025. Ce nouveau soutien porte désormais à une dizaine le nombre de parlementaires engagés derrière ce texte, parmi lesquels le démocrate Jimmy Panetta, ainsi que plusieurs élus républicains influents.

Cette initiative intervient dans un contexte où les activités du Polisario suscitent une inquiétude grandissante à Washington. Le projet de loi demande aux départements d’État et du Trésor de produire, dans un délai de 90 jours après adoption, une évaluation détaillée afin de déterminer si le mouvement séparatiste remplit les critères juridiques permettant son classement comme organisation terroriste.

Le texte prévoit également la publication d’un rapport approfondi dans les six mois suivant l’adoption de la loi. Ce document devra analyser la structure dirigeante du Polisario, ses opérations militaires et les sources de son financement, mais aussi examiner ses connexions internationales présumées.

Parmi les points les plus sensibles figure la question des relations du mouvement avec certains acteurs du Moyen-Orient. Des responsables américains s’inquiètent notamment d’éventuels liens avec le Corps des gardiens de la révolution islamique, le Hezbollah ou encore le Parti des travailleurs du Kurdistan, organisations déjà classées comme terroristes par Washington.

Ces préoccupations ont été alimentées par plusieurs informations relayées dans la presse internationale, évoquant un possible soutien militaire iranien au Polisario, incluant des formations et l’accès à certaines technologies militaires, notamment dans le domaine des drones.

Pour de nombreux observateurs, cette évolution législative met également en lumière le rôle controversé du pouvoir algérien, accusé depuis longtemps de soutenir politiquement, diplomatiquement et logistiquement le mouvement séparatiste. À Washington, certains élus estiment désormais que la question du Polisario dépasse le cadre d’un simple différend régional et s’inscrit dans un réseau d’alliances qui pourrait menacer la stabilité du Maghreb et du Sahel.

Le projet de loi comporte toutefois une clause ouvrant la porte à une suspension d’éventuelles sanctions. Le président des États-Unis pourrait en effet décider de geler leur application si le Polisario s’engage dans des négociations sérieuses autour du plan d’autonomie proposé par le Maroc pour le Sahara.

Pour les partisans de cette initiative au Congrès, il s’agit d’un signal politique clair : face aux stratégies de déstabilisation et aux alliances opaques entretenues par le mouvement séparatiste et ses parrains, Washington pourrait être amené à durcir considérablement sa position dans les mois à venir.

La rédaction/Le7tv