La récente prise de position du Premier Ministre Espagnol Pedro Sánchez, refusant de participer à une éventuelle attaque contre l’Iran aux côtés des États-Unis et d’Israel, a provoqué un large débat sur la scène internationale. Si cette décision a été saluée par certains acteurs pour sa défense du droit international, elle suscite en Espagne même des interrogations profondes sur ses conséquences stratégiques.
En refusant l’utilisation de bases militaires situées dans le sud du pays par les forces américaines, le chef du gouvernement espagnol a envoyé un signal d’indépendance diplomatique. Cette posture s’inscrit dans la continuité de ses désaccords avec Donald Trump concernant l’augmentation du budget militaire de l’Espagne au sein de l’NATO. Madrid a maintenu sa contribution à 2 % du PIB, loin des exigences américaines.
Une inquiétude grandissante dans la presse Espagnole:
Si cette position a été perçue comme un acte de souveraineté politique, plusieurs analystes et éditorialistes espagnols y voient au contraire un affaiblissement stratégique du pays. Des voix influentes de la presse ibérique estiment que l’Espagne risque d’isoler ses partenaires traditionnels et de fragiliser son réseau d’alliances construit depuis plusieurs décennies.
Certains observateurs évoquent même les conséquences potentielles dans la relation avec le Morocco. Dans ce contexte, ils estiment que Rabat pourrait bénéficier d’un rapport de force diplomatique plus favorable, notamment sur des dossiers sensibles comme les villes de Ceuta et Melilla, ou encore certaines questions maritimes liées aux Canary Islands.
Le Maroc en position de Force Diplomatique:
Plusieurs analystes soulignent que le Maroc dispose aujourd’hui d’un réseau d’alliances solide, notamment avec les États-Unis et la France. Dans un contexte où l’Espagne semble s’éloigner de certaines positions occidentales, Rabat pourrait apparaître comme un partenaire plus stable et stratégique pour les puissances occidentales.
Par ailleurs, le rapprochement entre Madrid et Rabat sur la question du Western Sahara a déjà modifié l’équilibre diplomatique dans la région. En soutenant le plan d’autonomie marocain, l’Espagne a perdu un levier historique de pression qu’elle utilisait depuis des décennies dans sa relation avec le royaume.
Dans ce nouveau contexte géopolitique, certains analystes estiment que l’Espagne pourrait sortir affaiblie, en raison d’un repositionnement diplomatique qui brouille ses alliances traditionnelles. À l’inverse, le Maroc apparaît de plus en plus comme un acteur régional incontournable, bénéficiant d’un soutien international croissant et d’une influence stratégique renforcée en Méditerranée occidentale et dans l’Atlantique.
Ainsi, derrière le débat sur la guerre au Moyen-Orient se dessine un enjeu plus large : l’évolution du rapport de force entre Madrid et Rabat. Si la situation venait à se prolonger, plusieurs observateurs estiment que le Maroc pourrait être l’un des principaux bénéficiaires de cette nouvelle configuration géopolitique.
Abderrazzak Boussaid/Le7tv