À quatre ans de la Coupe du monde 2030, que le Maroc coorganisera avec l’Espagne et le Portugal, le gouvernement marocain renforce l’organisation de ses infrastructures sportives. Des décrets publiés récemment au Bulletin officiel prévoient la création de cinq sociétés régionales chargées de la gestion et de l’exploitation des grands stades situés à Tanger, Casablanca, Fès, Marrakech et Agadir. L’investissement global consacré à ces structures s’élève à 100 millions de dirhams.
Signés par le Chef du gouvernement, Aziz Akhannouch, ces textes instaurent des « Sociétés des infrastructures sportives » dans chacune des villes concernées. Chaque entité disposera d’un capital de 20 millions de dirhams et reposera sur un partenariat réunissant l’État, les collectivités territoriales et les acteurs du football national.
Dans ce dispositif, l’État, à travers le ministère de l’Économie et des Finances, apportera la moitié du capital, soit 10 millions de dirhams par société. Les régions contribueront à hauteur de 4,5 millions de dirhams chacune, tandis que la Fédération royale marocaine de football (FRMF) participera avec 3,5 millions de dirhams. Les communes des villes concernées compléteront le financement avec une contribution de 2 millions de dirhams chacune.
Ces sociétés anonymes, dotées d’un conseil d’administration et créées conformément à la loi relative aux sociétés anonymes, auront pour mission d’assurer la gestion globale des stades et complexes sportifs liés à l’organisation du Mondial 2030. Leur rôle ne se limitera pas à la maintenance des infrastructures : elles devront également développer un modèle économique durable, basé sur la valorisation des équipements selon les standards internationaux.
La stratégie prévoit notamment la diversification des sources de revenus, à travers la billetterie numérique, la commercialisation d’espaces publicitaires, l’accueil d’événements sportifs et culturels ou encore l’exploitation d’espaces commerciaux et de restauration. L’objectif est de garantir la rentabilité et la pérennité des stades tout en réduisant la dépendance aux financements publics.
Au-delà de la Coupe du monde, ces infrastructures auront également une vocation territoriale et sociale. Elles devront rester accessibles aux clubs locaux, aux associations et aux jeunes, afin de favoriser la pratique sportive et de contribuer au développement régional.
Cette initiative s’inscrit dans une démarche plus large de modernisation de la gouvernance sportive au Maroc. En structurant la gestion des infrastructures et en professionnalisant leur exploitation, le gouvernement entend préparer au mieux l’organisation du Mondial 2030 tout en laissant un héritage durable pour le sport national.
La rédaction/Le7tv