Le régime militaire algérien persiste dans une fuite en avant faite d’annonces tapageuses, de chiffres fantaisistes et de récits officiels déconnectés de toute réalité industrielle. Dernier épisode en date : la prétendue entrée en phase d’exploitation et d’exportation du minerai de fer de Gara Djebilet, présentée comme une “révolution économique” et un tournant stratégique pour l’Algérie. En réalité, il s’agit d’un mensonge d’État massif, construit pour la communication interne et la propagande politique, mais totalement contredit par les faits techniques, logistiques et industriels.
Un minerai totalement inexploitable en l’état:
Premier élément fondamental soigneusement passé sous silence : le minerai de fer de Gara Djebilet est fortement phosphoreux. Or, un minerai à forte teneur en phosphore est impropre à l’utilisation industrielle classique, notamment dans la sidérurgie de construction, encore plus dans les aciers destinés aux armatures métalliques ou aux usages stratégiques.
Sans procédés lourds, complexes et extrêmement coûteux de déphosphoration — inexistants aujourd’hui en Algérie à l’échelle industrielle — ce minerai est tout simplement invendable sur le marché international. Annoncer des exportations massives dans ces conditions relève soit de l’incompétence technique, soit de la manipulation délibérée de l’opinion publique.
Une logistique fantôme et inexistante sur près de 2 000 kilomètres:
Autre pilier de cette fable officielle : le transport du minerai depuis Tindouf jusqu’au port d’Oran, soit un trajet de près de 2 000 kilomètres. Le régime évoque un acheminement ferroviaire fluide, régulier et opérationnel. Or, la réalité est implacable :
La ligne ferroviaire n’est pas achevée, Elle repose en grande partie sur une voie unique, Des tronçons entiers restent inexistants ou non opérationnels, Aucune infrastructure lourde adaptée à un trafic minier massif n’est fonctionnelle. Parler d’exportations à grande échelle dans ces conditions relève du délire communicationnel.
Des chiffres absurdes, sans base industrielle:
Le pouvoir algérien avance, sans ciller, des volumes de production proches de 10 millions de tonnes par an. Ces chiffres sont techniquement irréalisables, même pour des pays disposant d’infrastructures minières, ferroviaires et portuaires matures. À Gara Djebilet, aucune chaîne industrielle intégrée n’existe, ni en amont (traitement du minerai), ni en aval (transport, stockage, export). Les estimations officielles sont donc purement fictives, destinées à masquer l’échec économique structurel du régime.
Une propagande pour masquer l’impasse économique
Ce récit autour de Gara Djebilet s’inscrit dans une logique bien connue : fabriquer des succès imaginaires pour compenser l’absence de vision économique crédible. À défaut de réformes, de diversification réelle ou d’attractivité industrielle, le régime militaire algérien recycle les mêmes méthodes : annonces grandiloquentes, chiffres gonflés, mises en scène médiatiques… puis silence.
La vérité est simple : Gara Djebilet n’est ni exploité, ni exporté, et ne peut pas l’être dans l’état actuel des choses. Le reste n’est que storytelling d’État.
Quand le mensonge devient politique publique:
En persistant à présenter cette chimère comme une réussite stratégique, le régime algérien ne trompe plus les experts, ni les investisseurs, ni les partenaires internationaux. Il ne cherche qu’à berner son propre peuple, déjà confronté à une réalité économique difficile.
Gara Djebilet n’est pas un levier de développement. C’est devenu le symbole d’un système qui préfère le mensonge à la réforme, la propagande à la compétence, et l’illusion à la vérité.