Yassine Bounou, l’homme providentiel des Lions de l’Atlas

Il a incarné le sang-froid, l’instinct et la maîtrise au moment le plus décisif. Mercredi soir à Rabat, Yassine Bounou s’est érigé en véritable héros national en guidant le Maroc vers la finale de la Coupe d’Afrique des Nations 2025, à l’issue d’une demi-finale irrespirable face au Nigeria conclue aux tirs au but (0-0, 4-2 tab).

Dans un stade Moulay Abdellah en fusion, le gardien des Lions de l’Atlas a livré une prestation majuscule, couronnée par le titre d’homme du match. Solides et sereins tout au long de la rencontre, les Marocains ont tenu tête aux Super Eagles avant de faire la différence lors de l’épreuve fatidique, grâce à leur dernier rempart.

Lors de la séance, Bounou a frappé un grand coup. Après un premier arrêt rassurant, il a signé une parade aussi audacieuse qu’exceptionnelle sur la tentative décisive de Bruno Onyemaechi. Anticipant le tir, tout en respectant la règle du pied sur la ligne, le portier marocain a jailli avec une détente réflexe de la main droite, provoquant l’erreur du Nigérian et libérant tout un peuple.

Fait révélateur de sa concentration extrême, Bounou n’a même pas réalisé immédiatement que le Maroc venait de se qualifier. Ce n’est qu’après le penalty victorieux de Youssef En-Nesyri qu’il a compris que l’exploit était accompli, laissant alors éclater une joie longtemps contenue, porté ensuite en triomphe par ses coéquipiers.

En zone mixte, le gardien de 34 ans a affiché une humilité à la hauteur de sa performance. « L’équipe avait besoin de moi et j’ai répondu présent. Nous avions préparé cette séance, mais il a aussi fallu faire confiance à mon intuition et accepter une part de réussite », a-t-il confié, déjà tourné vers la finale.

Dimanche, face au Sénégal, le Maroc pourra encore compter sur son gardien d’expérience, symbole d’une équipe déterminée à mettre fin à près d’un demi-siècle d’attente et à décrocher un deuxième sacre continental. Avec Bounou dans les cages, les Lions de l’Atlas peuvent croire plus que jamais en leur destin.

Abderrazzak Boussaid/Le7tv