Hicham Blaoui, Président du Ministère public et Procureur Général du Roi près la Cour de Cassation, a révélé mardi que les statistiques de l’année 2025 indiquent que les parquets auprès des différentes juridictions du Royaume ont enregistré un total de 574 972 plaintes, dont 525 381 ont été traitées, soit un taux de réalisation de 91 %.
Dans une allocution prononcée à l’occasion de l’ouverture de l’année judiciaire, en présence notamment de Mohamed Abdennabaoui, président délégué du Conseil supérieur du pouvoir judiciaire, ainsi que des présidents de chambres, des responsables judiciaires et de plusieurs cadres du secteur, Blaoui a précisé que ces plaintes se répartissent comme suit : 29 499 plaintes au niveau des cours d’appel, dont 27 651 ont été réglées (soit 94 %), et 545 473 plaintes devant les tribunaux de première instance, dont 497 730 ont été traitées, représentant 91 %.
Par ailleurs, le nombre de procès-verbaux enregistrés au cours de l’année écoulée a atteint 2 496 240, dont 2 320 092 ont été exécutés, affichant une évolution positive de 0,74 %.
Selon le président du ministère public, ces procès-verbaux se répartissent entre les cours d’appel, qui ont traité 84 178 procès-verbaux sur 88 925 (soit plus de 95 %), et les tribunaux de première instance, où 2 235 914 procès-verbaux ont été traités sur 2 407 315, correspondant à un taux de réalisation de 93 %.
À cela s’ajoute l’enregistrement d’environ 815 260 procès-verbaux électroniques relatifs aux infractions routières, pour lesquels toutes les procédures légales nécessaires ont été engagées.
Recul de la détention provisoire
Concernant la gestion de la détention provisoire, Hicham Blaoui a indiqué que la notion de détenu provisoire a connu « un changement important » à la suite des nouvelles modifications apportées au Code de procédure pénale. Désormais, conformément à l’article 618, est considéré comme détenu provisoire « tout accusé se trouvant en phase d’instruction ou de jugement et n’ayant pas encore fait l’objet d’un jugement ou d’une décision judiciaire définitive ».
Il a précisé que cette évolution a entraîné une baisse notable du taux de détention provisoire, qui s’est établi à 8,84 % à la fin du mois de décembre 2025, soit 8 785 détenus provisoires sur une population carcérale totale de 99 366 détenus.
Même en se basant sur l’ancienne définition de la détention provisoire — qui maintenait ce statut jusqu’à l’émission d’un jugement définitif ayant force de chose jugée —, Blaoui a souligné que le taux de détention provisoire à la fin décembre 2025 s’élevait à 29,17 %, contre 31,79 % à la même période de l’année précédente.
Il a affirmé qu’il s’agit d’« un taux jamais atteint auparavant », reflétant l’attention particulière accordée par l’autorité judiciaire à la rationalisation de la détention provisoire et au traitement des dossiers des personnes détenues dans des délais raisonnables.
Visites des lieux de garde à vue
Le président du ministère public a également mis en avant les « efforts importants » déployés par les parquets en matière de protection des droits et libertés des personnes, notamment à travers les visites effectuées par les magistrats dans les lieux de privation de liberté.
À ce titre, le nombre de visites des lieux dédiés à la garde à vue a atteint 22 944 visites au cours de l’année écoulée, alors que 19 286 visites étaient prévues légalement, soit un taux de réalisation de 118,97 %.
En outre, les parquets ont effectué en 2025 201 visites dans les établissements de prise en charge des maladies mentales et psychiatriques, contre 136 visites prévues légalement, et 186 visites réalisées en 2024, représentant un taux de réalisation de 148 %.
S’agissant des établissements pénitentiaires, le nombre de visites réalisées durant la même année a atteint 1 186 visites, alors que 888 visites étaient prévues, soit environ 134 %.
Hicham Blaoui a conclu que ces chiffres témoignent de « l’attention soutenue que portent les parquets à la protection des droits et libertés des personnes ».
La rédaction/Le7tv