La République islamique d’Iran est aujourd’hui au bord de l’implosion. Confronté à une contestation populaire d’une ampleur inédite depuis des décennies, le régime des mollahs ne survit plus que par la répression, le mensonge et l’obscurité numérique. Une situation qui inquiète profondément ses alliés autoritaires, au premier rang desquels le régime militaire algérien, conscient qu’il pourrait bien être le prochain sur la liste des systèmes totalitaires voués à l’effondrement.
Dans une déclaration publique sans ambiguïté, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a condamné avec fermeté la « répression violente » menée par les autorités iraniennes contre des manifestants majoritairement pacifiques. « L’Europe se tient pleinement à leurs côtés », a-t-elle affirmé, alors que l’Iran est plongé dans un black-out numérique total depuis plus de 36 heures, empêchant toute circulation libre de l’information.
Ce silence imposé n’est pas anodin. Il s’agit, selon de nombreuses ONG et figures dissidentes, d’un écran de fumée destiné à dissimuler une répression sanglante. Les cinéastes iraniens Jafar Panahi et Mohammad Rasoulof ont alerté la communauté internationale sur une stratégie délibérée visant à masquer les violences commises par les forces du régime. La prix Nobel de la paix Shirin Ebadi redoute, elle, un « massacre à huis clos », facilité par cette coupure totale d’internet.
Depuis le début du mouvement de contestation, déclenché fin décembre par la hausse vertigineuse du coût de la vie avant de se transformer en rejet global du système théocratique, au moins 51 manifestants, dont neuf enfants, ont été tués selon l’ONG Iran Human Rights. Des centaines d’autres ont été blessés ou arrêtés arbitrairement. Un bilan lourd, révélateur d’un pouvoir qui a perdu toute légitimité populaire.
Malgré la peur et la répression, les slogans résonnent de Téhéran à Machhad, de Tabriz à Qom. « Mort à Khamenei », scandent des foules déterminées, défiant un régime qui ne gouverne plus que par la force. Des images montrent même le retour symbolique du drapeau iranien d’avant 1979, celui du chah, brandi au milieu de foules en liesse et de feux de joie. Un symbole fort : celui d’un peuple qui tourne définitivement le dos à l’idéologie islamiste imposée depuis plus de quatre décennies.
L’ancien prince héritier Reza Pahlavi, figure centrale de l’opposition en exil, appelle désormais les Iraniens à se préparer à reprendre les centres-villes et à occuper l’espace public. Même Donald Trump, peu avare de déclarations choc, reconnaît que « le peuple est en train de prendre le contrôle de certaines villes », estimant que le régime iranien fait face à « de très gros problèmes ».
Cette chute annoncée de la théocratie iranienne fait trembler bien au-delà de Téhéran. À Alger, le régime militaire, allié stratégique des mollahs et soutien actif de tous les axes de déstabilisation régionale, observe avec anxiété la colère des peuples qui emporte les dictatures les unes après les autres. Car les similitudes sont flagrantes : confiscation du pouvoir, répression des libertés, propagande permanente, instrumentalisation de l’idéologie pour masquer l’échec économique et social.
L’effondrement de l’axe Iran–Hezbollah–Syrie n’est plus une hypothèse lointaine, mais une dynamique en cours. Et avec lui vacille tout un système de régimes autoritaires qui ont bâti leur survie sur la peur, la violence et l’isolement. L’histoire est en marche, et elle ne pardonne jamais longtemps aux pouvoirs qui tournent le dos à leur peuple.
Abderrazzak Boussaid /Le7tv