Maroc–Cameroun : Un choc de prestige aux allures de revanche

Rabat s’apprête à vibrer vendredi soir (20h00) au stade Prince Moulay Abdellah, théâtre d’une affiche de très haut niveau entre le Maroc et le Cameroun, comptant pour les quarts de finale de la Coupe d’Afrique des Nations 2025. Un duel historique entre deux géants du football africain, chargé de symboles et de souvenirs.

Qualifiés après une courte mais précieuse victoire face à la Tanzanie en huitième de finale (1-0), les Lions de l’Atlas s’apprêtent à affronter un adversaire qu’ils connaissent bien… et qui leur a laissé des cicatrices. Il y a 37 ans, lors de la CAN 1988 organisée au Maroc, les Lions indomptables avaient brisé le rêve marocain en demi-finale. Un souvenir encore vivace, qui confère à cette confrontation un parfum de revanche.

Le Cameroun arrive à Rabat avec le plein de confiance. Tombeurs de l’Afrique du Sud en huitième de finale (2-1), les quintuple champions d’Afrique (1984, 1988, 2000, 2002, 2017) ont déjoué tous les pronostics. Leur parcours impressionne d’autant plus qu’il s’inscrit dans un contexte de profonde transition.

Éliminée des qualifications menant aux barrages intercontinentaux du Mondial 2026, la sélection camerounaise a opéré une refonte radicale à quelques semaines du début de la CAN. David Pagou a été nommé sélectionneur dans l’urgence, tandis que plusieurs cadres emblématiques, dont Vincent Aboubakar, André Onana et Eric-Maxim Choupo-Moting, ont été écartés. Un pari audacieux, mais jusqu’ici gagnant.

En phase de groupes, les Lions indomptables ont affiché une solidité remarquable : victoire contre le Gabon (1-0), nul face à la Côte d’Ivoire (1-1) et succès maîtrisé contre le Mozambique (2-1). Des prestations convaincantes qui ont confirmé leurs ambitions dans cette CAN.

Au-delà de l’enjeu sportif immédiat, cette rencontre s’inscrit dans une rivalité historique. Le Maroc fut le premier pays africain et arabe à atteindre les huitièmes de finale d’une Coupe du monde en 1986, avant que le Cameroun ne repousse encore plus loin les frontières quatre ans plus tard, en atteignant les quarts de finale du Mondial italien en 1990.

Privés d’Azzeddine Ounahi, forfait pour la suite du tournoi, les hommes de Walid Regragui miseront sur leurs forces vives. En tête d’affiche, Brahim Diaz, actuellement meilleur buteur de la compétition avec quatre réalisations, incarne l’arme offensive numéro un des Lions de l’Atlas face à une défense camerounaise qui a concédé trois buts depuis le début du tournoi.

Le Maroc pourra également compter sur un avantage de taille : un public entièrement acquis à sa cause et une impressionnante série d’invincibilité à domicile de 37 matches. Un chiffre d’autant plus symbolique que la dernière défaite des Lions de l’Atlas sur leurs terres remonte à… 2009, déjà face au Cameroun.

Solides défensivement, physiquement redoutables et particulièrement dangereux en contre-attaque, les Lions indomptables constituent un test majeur pour la sélection marocaine, qui rêve de retrouver le dernier carré continental pour la première fois depuis 2004. Une édition où Walid Regragui, alors joueur, avait vu le rêve marocain s’arrêter en finale.

Côté camerounais, l’attention sera portée sur l’ailier Bryan Mbeumo, aujourd’hui à Manchester United, ainsi que sur la pépite de 19 ans Christian Kofane, avant-centre du Bayer Leverkusen déjà auteur de deux buts dans la compétition.

Le vainqueur de ce quart de finale explosif affrontera en demi-finale le gagnant de l’autre affiche très attendue entre le Nigeria et l’Algérie, programmée samedi au Grand stade de Marrakech. Un choc de lions, un rendez-vous d’histoire… et une place en demi-finale en jeu.

Abderrazzak Boussaid/Le7tv