Le séisme politique provoqué par la capture spectaculaire de Nicolás Maduro au Venezuela et son exfiltration vers les États-Unis ne cesse de produire des ondes de choc bien au-delà de Caracas. À Alger, dans les cercles du pouvoir militaire, l’inquiétude est palpable : l’un après l’autre, les « amis-voyoux » du régime algérien tombent ou vacillent, emportant avec eux tout un axe idéologique hostile au Maroc et à la stabilité régionale.
Lors d’une longue et virulente conférence de presse, Donald Trump a confirmé que l’opération contre Maduro n’était qu’un premier signal fort. Le président américain a directement menacé le président colombien Gustavo Petro, lui intimant de « faire gaffe à ses fesses », laissant entendre que Washington n’excluait aucune option face aux dirigeants qu’il accuse de collusion avec les réseaux criminels transnationaux.
Sous couvert de lutte contre le narcotrafic, mais avec un œil clairement rivé sur les immenses réserves pétrolières du Venezuela, Donald Trump a justifié l’intervention américaine par la nécessité de mettre fin à ce qu’il qualifie de « narco-États ». Et Gustavo Petro est désormais dans le viseur. Le président américain l’a accusé sans détour de superviser des infrastructures de production de cocaïne destinées au marché nord-américain : « Il fabrique de la cocaïne et l’expédie aux États-Unis. Il doit vraiment faire gaffe à ses fesses », a lancé Trump, dans un avertissement à peine voilé.
Ces déclarations ont immédiatement fait monter la tension entre Washington et Bogota. La Colombie a annoncé le déploiement de troupes à sa frontière avec le Venezuela, tandis que Gustavo Petro, proche idéologiquement de Nicolás Maduro, a dénoncé une prétendue attaque américaine « aux missiles », parlant d’atteinte à la souveraineté latino-américaine et agitant le spectre d’une crise humanitaire.
Alger perd ses amis-voyoux !
Pour le régime militaire algérien, cette séquence est un véritable cauchemar stratégique. Nicolás Maduro et Gustavo Petro faisaient partie des soutiens les plus bruyants du séparatisme du Polisario, servant de relais diplomatiques à Alger pour tenter de nuire à la souveraineté du Maroc sur son Sahara. La chute du premier et la fragilisation du second marquent un recul majeur pour cette diplomatie de l’hostilité et de l’alignement sur des régimes contestés.
À mesure que ces alliés idéologiques s’effondrent ou se retrouvent sous pression internationale, Alger se retrouve plus isolée que jamais, prisonnière d’une stratégie obsolète, fondée sur des alliances douteuses et des causes perdues. Le vent de l’histoire souffle désormais dans l’autre sens, et le régime militaire algérien semble bien conscient que la fin de l’impunité pour ses partenaires pourrait annoncer, à terme, la remise en cause de ses propres certitudes.
Pendant que certains tremblent, le Maroc, lui, avance, fort d’alliances crédibles, d’une diplomatie pragmatique et d’une légitimité internationale de plus en plus consolidée.
Abderrazzak Boussaid/Le7tv