Huitièmes de finale de la CAN : L’heure  de la vérité et des grands chocs 

La phase de groupes de la Coupe d’Afrique des Nations Maroc 2025 à peine refermée, la compétition change brutalement de visage. Place aux huitièmes de finale, programmés du 3 au 6 janvier, une étape charnière où la moindre erreur devient fatale et où les grandes rivalités africaines refont surface. À ce stade, la CAN cesse d’être un tournoi de calculs pour devenir un champ de bataille footballistique, mêlant tactique, puissance, mémoire et orgueil continental.

Le tableau final offre une série d’affiches au parfum de déjà-vu, marquées par l’éternel affrontement entre les sélections arabes du Nord et les géants athlétiques d’Afrique de l’Ouest et centrale. Une opposition de styles qui structure l’histoire de la CAN depuis des décennies.

Pays hôte, le Maroc lancera les huitièmes dimanche au stade Prince Moulay Abdellah de Rabat face à la Tanzanie. Sur le papier, les Lions de l’Atlas partent favoris, mais dans leur horizon se dessine déjà une route semée d’embûches. À domicile, l’objectif est clair : aller au bout. Mais les Marocains savent qu’il leur faudra tôt ou tard se mesurer à cette Afrique de l’Ouest conquérante, vainqueur de quatre des six dernières éditions du tournoi.

Samedi soir à Casablanca, le Mali et la Tunisie raviveront une rivalité bien connue des habitués de la CAN. Les Aigles maliens, toujours à la recherche d’un premier sacre continental, se frottent à une Tunisie expérimentée, championne d’Afrique en 2004 et rompue aux matchs à haute pression. Un duel d’usure, où la rigueur tactique tunisienne fera face à l’intensité et à la projection rapide du jeu malien.

À Agadir, lundi, l’Égypte, monument du football africain avec ses sept titres, croisera la route du Bénin. Les Pharaons, en quête d’un retour au sommet depuis leur dernier sacre en 2010, affrontent un outsider libéré, sans complexe, capable de jouer les trouble-fêtes. Un choc entre l’histoire et l’insouciance.

L’affiche la plus attendue de ces huitièmes se jouera mardi à Rabat : Algérie – République démocratique du Congo. Un duel électrique entre des Fennecs en quête de rédemption après plusieurs campagnes décevantes, et une RDC puissante, ambitieuse et sans peur, symbole d’une Afrique centrale prête à bousculer l’ordre établi. La discipline tactique algérienne devra résister à la densité physique et à la verticalité congolaise, dans un match à haute intensité.

Le Sénégal, champion d’Afrique 2021, ouvrira le bal des huitièmes à Tanger face au Soudan. Ultra-favoris, les Lions de la Teranga abordent ce match avec le statut à assumer. En face, le Soudan avance sans pression, porté par une qualification inattendue et une solidarité défensive qui a défié les statistiques.

Autre choc au sommet, Cameroun – Afrique du Sud à Rabat promet un duel ouvert entre deux nations au pedigree continental solide. Dans le même temps, la Côte d’Ivoire, tenante du titre, défiera le Burkina Faso à Marrakech dans une affiche qui sent la poudre, tant les confrontations entre ces deux sélections ont souvent accouché de scénarios renversants.

Enfin, le Nigeria part favori face au Mozambique, révélation du tournoi après avoir décroché sa toute première victoire dans l’histoire de la CAN aux dépens du Gabon. Mais à ce stade de la compétition, les statuts pèsent parfois moins que la dynamique.

Ces huitièmes de finale marquent l’entrée officielle dans la CAN de vérité. Chaque rencontre dépasse le simple cadre sportif pour devenir une confrontation d’identités, de philosophies de jeu et de trajectoires nationales. Nord contre Ouest, expérience contre puissance, tradition contre ambition : la route vers les quarts de finale s’annonce impitoyable et passionnante.

La rédaction/Le7tv