L’Algérie gèle les « allocations touristiques » : Quand la faillite économique du régime militaire rattrape la propagande de Tebboune

Le régime militaire algérien tente une nouvelle fois de maquiller son effondrement économique. Derrière les déclarations contradictoires du ministre de l’Intérieur, Saïd Sayoud, sur « l’allocation touristique » de 750 euros, se cache une réalité bien plus brutale : l’État algérien n’a tout simplement plus les moyens de financer cette promesse, devenue un fardeau insoutenable pour des réserves de change en chute libre.

Car ne nous y trompons pas : l’allocation touristique algérienne n’est pas une aide, ni même une véritable politique publique. Ce n’est qu’une autorisation de change, strictement encadrée, surveillée, conditionnée, et désormais vidée de sa substance par une série de restrictions qui trahissent la panique d’un régime à court de devises.

Un mensonge d’État pour masquer l’asphyxie financière

Lorsque Saïd Sayoud martèle qu’« il n’y aura aucun recul » sur la décision du président Abdelmadjid Tebboune, il omet soigneusement de dire que l’allocation est de facto gelée, rendue inaccessible par une bureaucratie coercitive et des contrôles dissuasifs. Carte bancaire obligatoire, traçabilité totale, filtrage des bénéficiaires, suspension des flux terrestres : tout est fait pour ralentir, réduire, voire empêcher l’accès effectif aux devises.

Pourquoi ? Parce que l’Algérie ne produit plus de richesses hors hydrocarbures, parce que son économie est prisonnière d’un modèle rentier archaïque, et surtout parce que les stocks de devises étrangères s’érodent dangereusement, mettant à nu l’échec structurel d’un régime incapable de réformer.

Le “scandale” des faux voyageurs : symptôme d’un système pourri:

La révélation de réseaux exploitant près de 100.000 chômeurs pour capter cette allocation présidentielle n’est pas une anomalie : c’est le produit naturel d’un système verrouillé, corrompu et sans perspectives. Quand des Algériens sont convoyés en bus vers la Tunisie uniquement pour faire tamponner leurs passeports avant de rentrer clandestinement au pays, ce n’est pas une ruse populaire, c’est un cri de détresse sociale.

Le passage suspect de 5.000 bus en deux mois, en pleine basse saison touristique, illustre l’ampleur du désespoir et l’échec cuisant des politiques de l’emploi. Un État qui transforme ses chômeurs en figurants d’une fraude massive n’est pas victime d’abus : il est complice de sa propre déliquescence.

La Banque d’Algérie en pompier d’un incendie qu’elle ne maîtrise plus:

En exigeant la fin du cash et l’obligation d’un compte bancaire, la Banque d’Algérie ne combat pas la fraude : elle tente de contenir l’hémorragie de devises. Cette fuite n’est pas causée par les citoyens, mais par des décennies de mauvaise gouvernance, de clientélisme et de militarisation de l’économie.

Suspendre les bus, exiger des licences spéciales, pointer du doigt des « courtiers » : autant de mesures cosmétiques qui évitent soigneusement de poser la seule vraie question — où sont passées les richesses du pays ?

Un régime qui confisque la dignité après avoir confisqué l’avenir:

Présentée comme un droit destiné à permettre aux familles algériennes de voyager « dans la dignité », l’allocation touristique est devenue un instrument de contrôle et d’humiliation, révélant l’écart abyssal entre la rhétorique officielle et la réalité vécue.

En vérité, le régime militaire algérien ne gèle pas seulement « une allocation » : il gèle les aspirations, la mobilité et l’espoir d’une jeunesse sacrifiée. Et tant que l’État préférera la propagande à la réforme, la surveillance à la confiance, et le mensonge à la vérité économique, aucune allocation — fût-elle présidentielle — ne pourra masquer la faillite d’un système à bout de souffle

Abderrazzak Boussaid/Le7tv