Fouzi Lekjaa dévoile le modèle Marocain et appelle à une nouvelle dynamique footballistique entre l’Afrique et l’Europe

Le parcours ascendant du football marocain est le fruit d’un travail méthodique et d’une vision stratégique mûrement réfléchie, loin de toute réussite éphémère. C’est le message central livré par Fouzi Lekjaa, président de la Fédération Royale Marocaine de Football (FRMF), dans un entretien accordé au magazine Français France Football.

Selon lui, la politique conduite par la FRMF s’inscrit dans une logique de construction durable, reposant sur des piliers clairs : développement des infrastructures, structuration des centres de formation et professionnalisation de l’ensemble de l’écosystème footballistique. « La finalité n’a jamais été un succès ponctuel, mais l’édification d’un système solide et cohérent, de la formation de base jusqu’au haut niveau », a-t-il expliqué.

La formation, pierre angulaire du projet Marocain

Fouzi Lekjaa a mis un accent particulier sur l’investissement dans la jeunesse, notamment la tranche d’âge comprise entre 10 et 20 ans, qu’il considère comme déterminante dans la maturation du joueur. Cette orientation s’est accompagnée d’un renforcement progressif des structures institutionnelles, sans rupture avec les acquis, mais dans une logique d’amélioration continue et de stabilité.

Le responsable fédéral a également rappelé que cette vision globale ne s’est pas limitée à l’équipe nationale masculine A. Elle a concerné l’ensemble des composantes du football national : football féminin, sélections de jeunes et futsal, traduisant une volonté claire de réduire l’écart avec les grandes nations du football par la modernisation des méthodes et la qualification des ressources humaines.

Un modèle africain fondé sur la gouvernance et la continuité

Évoquant le football africain, Lekjaa a reconnu l’existence d’un décalage persistant avec l’Europe, qu’il attribue davantage à des problématiques de gouvernance, d’organisation et de continuité des projets, plutôt qu’à un simple déficit de moyens financiers. Face à ce constat, le Maroc a fait le choix d’élaborer un modèle propre, reposant sur la stabilité institutionnelle, des infrastructures de niveau international et une intégration maîtrisée dans son environnement continental et mondial.

Le Mondial 2030, symbole d’un rapprochement inédit

La co-organisation de la Coupe du monde 2030 avec l’Espagne et le Portugal a été présentée comme un tournant historique. Pour la première fois, l’Afrique et l’Europe uniront leurs efforts pour accueillir un événement planétaire, illustrant une nouvelle ère de coopération et de confiance mutuelle.

Dans ce sillage, Fouzi Lekjaa a évoqué la possibilité de compétitions conjointes entre clubs et sélections africaines et européennes. Selon lui, la question n’est plus celle de la faisabilité, mais celle de la conception d’un modèle équilibré, capable de renforcer l’attractivité du football africain, de multiplier les opportunités pour ses talents et de garantir des relations fondées sur le respect et l’équité.

Un Maroc moteur du football Africain

En conclusion, le président de la FRMF a affirmé que le Royaume ne se limite pas à l’accueil de grandes compétitions, mais ambitionne de jouer un rôle structurant dans l’essor du football africain, à travers le partage d’expertise, l’amélioration des pratiques de gouvernance et un investissement durable dans le capital humain.

Abderrazzak Boussaid/Le7tv