Le Maroc franchit un cap historique en lançant son futur hub stratégique de GNL à Nador

Le Maroc poursuit avec détermination sa marche vers la souveraineté énergétique et consolide sa position de leader régional dans la transition écologique. Avec un investissement colossal d’un milliard de dollars dédié à la création d’un hub de gaz naturel liquéfié (GNL) à Nador, le Royaume confirme une fois de plus la vision éclairée de Sa Majesté le Roi Mohammed VI en matière de sécurité énergétique et de développement durable.

Nador West Med, futur pilier énergétique du bassin méditerranéen

Le ministère de la Transition énergétique et du Développement durable a officiellement lancé l’appel d’offres pour la mise en place d’une unité flottante de stockage et de regazéification (FSRU). Cette infrastructure de pointe sera installée dans le nouveau port de Nador West Med, dont l’entrée en service est prévue dès l’année prochaine.

Parallèlement, le Royaume recherche des partenaires de haut niveau capables de concevoir, financer et exploiter de nouveaux gazoducs reliant le port aux grands pôles industriels nationaux. Une démarche réfléchie qui permettra au Maroc de réduire sa dépendance aux infrastructures étrangères, et de se positionner comme acteur incontournable dans le marché international du GNL.

Un plan gazier ambitieux pour remplacer les combustibles polluants

Afin d’accompagner cette grande transformation, le gouvernement projette d’investir 3,5 milliards de dollars pour faire passer la consommation nationale de gaz de 1,2 à 12 milliards de mètres cubes d’ici 2030. Ce programme d’envergure répond notamment à la nécessité de compenser l’arrêt des flux en provenance d’Algérie en 2021, conséquence directe d’un différend politique.

Le gaz naturel constitue aujourd’hui un levier de transition essentiel pour soutenir la compétitivité des industries marocaines tournées vers l’export, tout en réduisant l’utilisation de combustibles hautement polluants.

Des infrastructures pensées pour l’avenir : gaz, hydrogène vert et innovation

Selon les estimations du ministère, la FSRU représentera un investissement de 273 millions de dollars, tandis que la construction des pipelines nécessitera 681 millions de dollars. Ces infrastructures seront interconnectées avec le gazoduc Maghreb-Europe, permettant de bâtir le socle d’un réseau gazier national et international, capable à terme de transporter de l’hydrogène vert.

Une orientation stratégique pleinement alignée avec les ambitions du Maroc dans la transition énergétique mondiale.

Accélération des énergies propres et décarbonation de l’industrie

Le plan gazier s’articule également autour d’initiatives fortes visant à remplacer progressivement le fioul et le charbon dans les industries, construire de nouvelles centrales électriques à gaz, tripler la production issue de cette énergie de transition, éliminer progressivement le charbon à l’horizon 2050 et renforcer massivement le solaire, l’éolien et le stockage par batteries.

Entre 2025 et 2030, ce sont près de 11 milliards de dollars d’investissements supplémentaires qui permettront d’ajouter 12,5 gigawatts d’énergie renouvelable, représentant 80 % de la nouvelle capacité installée au Maroc.

Comme l’a souligné Rachid Ennassiri de l’Imal Initiative for Climate and Development, « le gaz jouera un rôle limité dans le remplacement du charbon, l’expansion des énergies renouvelables étant largement dominante » — preuve de l’engagement solide du Royaume en faveur d’une économie verte et compétitive.

Un tournant stratégique pour l’avenir énergétique du Maroc

L’ouverture des offres pour la FSRU est attendue début février, et les entreprises présélectionnées pour les pipelines seront annoncées au même moment. Ces étapes marquent un moment clé dans la modernisation accélérée du secteur énergétique marocain.

Avec ce projet monumental, le Maroc s’affirme résolument comme une puissance énergétique émergente, capable d’anticiper les défis géostratégiques, d’assurer son indépendance et de conduire le continent africain vers un avenir énergétique plus propre, plus sûr et plus prospère.

Abderrazzak Boussaid/Le7tv