Il fallait le faire. Mentir effrontément, devant les caméras, en présence de Giorgia Meloni, Première Ministre d’Italie, et prétendre avoir arraché un soutien italien au « droit inaliénable du peuple sahraoui à l’autodétermination ». Une performance aussi grotesque qu’indécente, signée Abdelmadjid Tebboune (le mal nommé), Président d’une Algérie en faillite totale, qui semble avoir érigé le mensonge en politique d’État.
Ainsi, lors de la conférence de presse tenue à l’issue de sa rencontre avec Mme Meloni, Tebboune a solennellement affirmé – sans sourciller – que Rome et Alger partageaient une position commune sur la question du Sahara Occidental. Et pour cause, selon lui : « Nous avons réaffirmé notre soutien commun à l’Envoyé personnel du Secrétaire Général de l’ONU permettant au peuple sahraoui d’exercer son droit inaliénable à l’autodétermination » !!!…
Or, ce passage, inventé de toutes pièces, n’existe nulle part. Ni dans les déclarations publiques de Mme Meloni, ni surtout dans la Déclaration Conjointe, où il est simplement fait mention d’une solution “mutuellement acceptable” sous l’égide des Nations Unies, formulation diplomatiquement neutre et parfaitement alignée sur la position marocaine. Rien de plus. Rien de moins.
Mais qu’importe la réalité quand on peut la réécrire à sa guise ! L’agence APS, infatigable bras propagandiste du régime, s’est empressée de reprendre, amplifier, diffuser cette fiction présidentielle avec une ferveur soviétique. Le communiqué officiel algérien est ainsi devenu un roman diplomatique à ciel ouvert. Et la vérité, un dommage collatéral de plus sur l’autel de la paranoïa saharienne.
Ce n’est pas la première fois. En juin dernier, déjà, lors de la visite du président rwandais à Alger, les communicants du régime avaient tenté de faire croire à un soutien de Kigali à leurs obsessions sahariennes. Le Rwanda avait alors dû publier un démenti cinglant, comme pour rappeler aux autorités algériennes qu’il y a encore, dans ce monde, des pays qui respectent la vérité et leurs invités.
Mais le plus consternant reste peut-être l’incohérence structurelle de la diplomatie algérienne sur le dossier du Sahara. Un jour, elle est « simple observatrice ». Le lendemain, « partie concernée ». Avant de redevenir une partie « intéressée ». Cette gymnastique verbale, qui frise le ridicule, trahit surtout une panique narrative, un vide stratégique, et une incapacité chronique à formuler une position crédible.
Face à la montée en puissance de la proposition marocaine d’autonomie, soutenue aujourd’hui par une majorité écrasante de pays et considérée comme la solution la plus réaliste et durable, l’Algérie s’enferme dans une fuite en avant. Faute d’alliés sincères, elle s’en invente. Faute de soutiens clairs, elle les fantasme.
Mentir à son peuple est une chose. Mentir à ses partenaires en leur présence en est une autre, autrement plus grave. Cela trahit un mépris des règles élémentaires de la diplomatie, un manque de respect envers l’État italien, et une désinvolture institutionnalisée qui jette une ombre sur la parole officielle algérienne dans les plus hauts cercles internationaux.
Jusqu’où ira Abdelmadjid Tebboune dans sa fabrique de l’illusion ? Après les chiffres réinventés du nombre farfelu des « chouhadas » ou des investisseurs imaginaires, le voilà désormais scénariste de communiqués fantômes.
Dans ce délire, les contre-vérités de Tebboune seront encore estampillés par sa Diplomatie à la dérive, comme des vérités d’État, imprimés au format officiel et cachetés avec arrogance. Mais, en bande-son de cette mascarade, le ricanement amer d’un monde qui regarde, consterné, et qui ne croit plus aux contes imaginaires d’un régime sénile et mythomane, figé dans les mensonges les plus abracadabresques.
Abderrazzak Boussaid/Le7tv