LES LUMIÈRES DU RAMADAN (épisode 11) IBN AL NAFIS, LE PLUS GRAND DES MÉDECINS

De son nom إبن النفيس Alaa Eddine Ali Ibn Abi Al Hazm Al Qurashi, surnommé Ibn Al Nafis (1211-1288). Il est né à Damas, où il a grandi et fait ses études. Il apprit la médecine et se rendit ensuite au Caire à l’âge de 25 ans, où il travailla à l’hôpital Al Nassiri, montant en grade jusqu’à devenir le médecin-chef de toute l’Égypte…

Ses contemporains lui donnaient la même stature qu’Ibn Sina (Avicenne) au plan de l’autorité scientifique et de la connaissance médicale. L’on raconte même qu’il connaissait par cœur « le Canon » d’Ibn Sina : la Bible de la Médecine…

Ibn Al Nafis avait également de vastes connaissances dans d’autres disciplines, telles que la Philosophie, la Logique, la Grammaire, et la Jurisprudence. Il n’était pas homme à admettre les choses, même venant d’illustres savants, sans argumentation ou débat…

Il avait la réputation d’être très étourdi, souvent perdu dans des pensées profondes, avec par moments le besoin d’écrire des centaines de pages dans une solitude absolue. On sait encore qu’il était très pieux et qu’il devint très riche…

Sa contribution originale majeure de grande signification était sa découverte du système circulatoire du sang qui a été ré-découverte par la science et la médecine modernes après une défaillance de trois siècles…

Il était le premier décrire correctement la constitution des poumons et a donné une description des bronches pulmonaires. Aussi, il a élaboré la fonction essentielle des artères coronaires qui est celle de nourrir le muscle cardiaque. Il était le précurseur dans la découverte de la circulation sanguine pulmonaire, qu’il décrivit de manière scientifique et correcte…

C’est ainsi qu’en l’an 1242, Ibn Al Nafis réfuta le dogme des anciens médecins sur la communication inter-ventriculaire du coeur et décrit clairement le concept de « la Circulation Pulmonaire » : « Quand le sang a été raffiné dans cette cavité (ventricule droit), il lui faut passer dans la cavité gauche. Cependant il n’existe, entre ces deux cavités, aucun passage. À ce niveau la substance du cœur est particulièrement solide et il n’existe ni passage visible… ni passage invisible pouvant permettre le transit de ce sang, comme l’on cru les anciens. Bien au contraire la substance est épaisse et il n’y a pas de pores perméables. Donc ce sang, après avoir été raffiné, doit nécessairement passer dans l’artère pulmonaire, aller ainsi jusqu’au poumon…s’y mélanger avec l’air… puis passer dans la veine pulmonaire pour arriver dans la cavité gauche du cœur « 

Ibn Al Nafîs a écrit « Al Shamil fi Al Tibb » (Le livre complet de la médecine), une somme volumineuse qui devait à l’origine comprendre 300 volumes, mais il n’a pu achever que 80 volumes avant son décès. Toutefois même incomplet, ce livre est une des plus grandes encyclopédies médicales connues dans l’histoire…

Les biographes européens à partir du 13è siècle considéraient Ibn Al Nafis comme le plus grand médecin de l’histoire. Certains le considéraient même comme plus important qu’Ibn Sina !…À suivre.

Abderrazzak Boussaid/Le7tv